Trop souvent oubliée, l’hygiène nasale est pourtant tout aussi importante que l’hygiène buccale. Rhume, nez bouché, ou nez qui coule… des pathologies courantes qui perturbent notre confort quotidien. Pourquoi infiltrent-elles le cours de nos vies si facilement ? À quel moment l’habitude de guérir a pris le pas sur celle de prévenir ?

Un « organe » oublié…

Pourtant au milieu du visage, le nez est devenu invisible ! Véritable laissé pour compte quand il va bien, il peut vite devenir notre pire cauchemar.

Outre la perception des odeurs, ce filtre naturel répond à différents besoins dont le premier n’est autre que de transmettre de l’air aux poumons. Il joue également le rôle de barrière contre la pollution, les insectes, la poussière et autres facteurs externes rencontrés au quotidien qui pourraient irriter les bronches. D’autre part, il sert avec les sinus,hh de caisse de résonance, ce qui permet de modifier les sons que nous émettons et facilite ainsi leur compréhension, élément majeur de la parole.

Enfin, n’oublions pas que, grâce aux molécules odorantes passant derrière le voile du palais, le nez est aussi responsable de notre faculté à identifier diverses arômes et saveurs ; puisque les papilles gustatives ne reconnaissent que cinq saveurs : le sucré, le salé, l’amer, l’acide et l’umami (glutamate).

La minute ORL avec le Dr Benoit Lamblin

Objectif Bien-être Mag :

Pourquoi est-il important d’avoir une bonne hygiène nasale ?

Dr Benoit Lamblin : Actuellement on assiste à une recrudescence des pathologies nasales et rhinopharyngées liée à la pollution, aux allergies, et aux infections virales. La fonction première du nez est de filtrer et de conditionner l’air inspiré. L’air, dans les fosses nasales au contact des cornets, est ainsi réchauffé, humidifié, et débarrassé des particules captées par le mucus sécrété pas la muqueuse nasale. De nombreux anticorps (IgA), constituant la première barrière immunitaire face à une agression virale, tapissent la muqueuse et doivent être préservés.

Une bonne hygiène nasale par lavage régulier avec une solution salée isotonique contribuera donc à entretenir ce formidable filtre et ainsi à limiter le retentissement, la fréquence et l’intensité de chacune de ces pathologies.

OBE : Est-ce plus important chez les nourrissons et enfants que chez les adultes ?

BL : Les nourrissons et les enfants présentent une immunité en cours de constitution et sont, à la crèche et/ou à l’école, au contact de nombreux virus respiratoires. La porte d’entrée de ces infections est toujours rhinopharyngée. Il est donc indispensable de préserver et d’optimiser les capacités de défenses locales en entretenant la muqueuse par des lavages réguliers afin de limiter l’évolution vers des complications (otite, angine, pneumopathie) plus fréquentes dans cette population à risque.

C’est pour cette raison que l’on insiste tellement sur cette mesure préventive d’hygiène nasale qui est la seule à avoir montrer son efficacité.

OBE : Que doit-on faire pour entretenir une bonne hygiène ?

BL : Une hygiène nasale efficace repose avant tout sur la régularité et doit s’intégrer facilement dans un rythme quotidien souvent chargé et chronométré. Cette notion implique d’une part une simplicité d’utilisation et d’autre part une totale innocuité.

Seule une solution salée isotonique (même concentration de sel que le plasma sanguin), ne comportant pas de principe actif, peut répondre à ce double enjeu. Pour une action préventive, je conseille de faire un lavage des fosses nasales matin et soir suivi d’un mouchage léger. Le conditionnement en flacon pressurisé rempli  parfaitement cette mission car il permet une utilisation facile, rapide, reproductible et quotidienne.

OBE : Les produits d’hygiène nasale existants protègent-ils des infections et peuvent-ils guérir certaines pathologies courantes telles que le rhume, le nez bouché, la sinusite…?

BL : L’immense majorité des infections O.R.L. rhinopharyngées ont comme porte d’entrée les fosses nasales. Ces infections sont virales et ne sont donc pas accessibles à un traitement spécifique comme les antibiotiques qui ne sont actifs qu’en cas d’infection bactérienne. Seul le traitement symptomatique peut éviter l’évolution vers une complication, en limitant la durée de l’infection, tout en améliorant la tolérance des symptômes. Ce traitement repose sur le paracétamol en cas de fièvre ou de douleur et sur un mouchage régulier aidé par des lavages pluri quotidiens (3 à 5 fois par jour) à l’aide, dans ces circonstances, d’une solution salée hypertonique afin d’obtenir une décongestion nasale améliorant le confort pendant la durée de l’infection.

Une fois l’infection disparue, les lavages par une solution isotonique, seront repris pour garantir le confort respiratoire et prévenir une prochaine infection.

OBE : Pour un bon équilibre de la sphère O.R.L. (nez, bouche, oreille) quel rituel de prévention conseillez-vous ? Les personnes allergiques doivent-elles procéder différemment ?

BL : L’équilibre de la sphère O.R.L. repose essentiellement sur une bonne fonction nasosinusienne.

Le nez, filtre efficace de l’environnement, est malheureusement très sollicité par les particules allergiques ou polluantes et il est nécessaire de l’entretenir régulièrement. Il n’y a pas de méthode unique pour entretenir la sphère O.R.L. et chacun doit adapter ce rituel à sa symptomatologie.

Le plus souvent nous conseillons l’utilisation d’un flacon pressurisé de sérum salé isotonique afin, d’une part d’assurer un lavage homogène non agressif des fosses nasales, et d’autre part une facilité d’emploi qui assure donc une pérennité du traitement. Certains préfèreront l’utilisation de dosettes à usage unique fréquemment utilisées chez les nourrissons. En cas de pathologie chronique nasale et/ou sinusienne, d’origine allergique par exemple, ce lavage sera un complément indispensable au traitement médical anti allergique éventuellement entrepris.

D’autres méthodes de lavages existent comme l’utilisation de douche nasale. Ce dispositif est plus lourd à mettre en œuvre et sera plutôt réservé à des cas particuliers.

Dans tous les cas, la bonne méthode est celle qui est faite régulièrement et qui n’entraîne aucune irritation locale.

OBE : La déviation nasale permet-elle une bonne hygiène du nez ?

BL : Il faut différencier la déviation nasale (nez dévié) de la déviation de la cloison nasale (nez droit mais cloison déviée). Une déviation nasale n’as pas de raison de modifier significativement la facilité de l’hygiène nasale. En revanche, une déviation importante de la cloison nasale, en plus de modifier le confort respiratoire, risque de rendre plus difficile l’utilisation des produits d’hygiène nasale.

Dans ces cas là, une consultation O.R.L. permet d’établir un diagnostic précis de cette déformation et d’envisager éventuellement une correction chirurgicale si elle peut apporter au patient un confort respiratoire et une sécurité infectieuse supplémentaire.

OBE : Certaines pathologies physiques peuvent-elles provenir d’un problème nasal, comme le déséquilibre peut être lié à l’oreille interne ?

BL : Le nez et l’oreille sont deux organes étroitement liés par un canal appelé la trompe d’Eustache qui s’ouvre à chaque déglutition ou bâillement pour équilibrer la pression derrière le tympan. Il est fréquent qu’une pathologie nasale chronique ou la répétition d’épisodes rhinopharyngés aigus entraînent un retentissement direct sur l’oreille. Cette situation peut occasionner une rétention de liquide derrière le tympan au niveau de l’oreille qu’on appelle une otite séro-muqueuse. Cette situation est source de baisse auditive et plus rarement de déséquilibre qui disparaît après le traitement. L’oreille interne, quant à elle, n’est jamais atteinte par une pathologie rhino-sinusienne.

OBE : Comment conseillez-vous l’utilisation des Huiles Essentielles dans la Sphère O.R.L. ?

BL : Les huiles essentielles dans la sphère O.R.L. ont une place de plus en plus importante. Leur utilisation est conseillée en cas d’exposition à un environnement pouvant occasionner une sécheresse nasale. En pratique courante, je propose ce traitement dans 3 circonstances :

– Expositions fréquentes et mal tolérées à la climatisation.

– Voyages fréquents par avion : environnement sec et pressurisé.

– Soins post opératoires après chirurgie nasale.

Les changements brutaux de température  rencontrés lors de voyages multiples seront aussi un facteur favorisant cette sécheresse nasale.

Les huiles essentielles peuvent être utilisées en cures courtes par l’instillation de gouttes à l’aide d’un flacon compte-goutte ou encore sous forme de spray.

OBE : Enfin, en tant que professionnel, avez-vous un produit « coup de cœur » que vous souhaiteriez recommander ?

BL: Chaque praticien développe, par son expérience et par le retour des patients qu’il rencontre, des habitudes de prescription. Ma préférence va toujours aux produits les plus simples, les plus naturels, donc les moins agressifs pour l’organisme. Concernant le lavage des fosses nasales, je conseille très souvent les produits issus de l’eau de mer naturelle comme le MARIMER qui présente une gamme suffisamment large pour s’adapter à l’âge des patients et aux différents cas de figure rencontrés. Concernant les huiles essentielles, j’aime bien la gamme AROMA.

Par Eléonore Porphire